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27 novembre 2017 1 27 /11 /novembre /2017 00:00

 

Le vinaigre blanc est la star de la maison naturelle : produit ménager miracle, désherbant idéal... Depuis quelques années, ses mérites sont vantés sur internet et dans les maga­zines. Mais ses effets sur l'environnement n'ont pas encore pu être mesurés. La FREDON (fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles) met en garde contre cette image d'Epinal.

 

Si l'utilisation de ce produit part d'une intention louable, elle peut être trompeuse pour les gestion­naires d'espaces verts. «C'est une tendance qui s'est très vite générali­sée. Mais contrairement à une idée répandue, un produit naturel n'est pas forcément un produit sans consé­quence sur l'environnement.»

 

Cela s'explique par une logique simple : avant sa commercialisation, tout pro­duit phytosanitaire fait l'objet d'une autorisation de mise sur le marché, qui impose une étude des risques qu'il représente dans son utilisation prévue. Le vinaigre blanc n'étant pas commercialisé pour un usage spécifi­quement destiné au jardin, ses effets à terme sur le sol n'ont jamais été tes­tés et mesurés : cela en fait un produit phytosanitaire dont l'usage est inter­dit par la loi.

 

«Déjà avec de simples observations, on peut constater que le vinaigre modifie le taux d'acidité du sol et a un impact visible sur la flore : ça n'est pas sans conséquence sur la durée ! Mais nous ne savons pas encore dans quelle mesure, car le phénomène est très nouveau.»

 

En attendant des études sur le sujet, la FREDON effectue déjà un démenti systématique auprès des collectivi­tés et communes. «Nous essayons de sensibiliser un maximum sur le sujet. Que quelques particuliers aient cette pratique est une chose, mais si une majorité de communes s'ajoute à cette tendance, on peut se retrouver avec des problèmes de pollution du sol et de l'eau à grande échelle. Le vinaigre blanc est souvent utilisé cou­plé au sel... dont on voit déjà bien les effets en hiver sur le bord des routes : il empêche la végétation de revenir à la saison suivante.» Acidification du sol, effets potentiels sur la faune et la micro-faune... les dangers restent préoccupants et méritent l'attention des utilisateurs.

 

 

Des alternatives sans danger pour l'environnement
 

La FREDON conseille donc de garder le vinaigre blanc et le sel dans le placard de la cuisine.

 

Pour les espaces verts, le meilleur outil reste le bon sens : pour désherber sans risquer de polluer, il faut tout simplement éviter de verser ou déposer des produits sur le sol et les plantes. Impossible ?

 

« On y pense moins, mais la meilleure façon de se débarrasser d'une plante qui pose problème, c'est tout simplement de la déraciner manuellement ou mécaniquement. On préconise le retour de la binette !».

 

Pour les sols non perméables, on pensera au désherbage thermique : l'eau chaude ou le brûleur (utilisé ponctuellement) sont aussi efficaces que le vinaigre, et sans impact sur la nature des sols.

 

Mais dans la gestion des espaces verts d'une commune, l'idéal serait d'élégamment embrasser la question des herbes folles. «Ce qui est considéré comme mauvaises herbes, ce sont des plantes que l'on a pas semées. Apprendre à les connaître et à les accepter peut régler le problème qu'elles semblent poser». «Une autre solution reste de travailler de façon préventive, en privilégiant des aménagements en gestion différenciée.»

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