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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 08:44

 

 

Impossible de désherber sans noyer le jardin d’herbicides ? Bien sûr que non ! Certes, en jardinage bio, il vous faudra apprendre à être un peu plus tolérant envers ces "mauvaises herbes". Mais la lutte contre la pollution des eaux ne le mérite-t-elle pas ?

 

En France, 1 million d’hectares sont cultivés par 14 millions de jardiniers amateurs, ce qui concerne une famille sur trois. La consommation des produits phytosanitaires dans les jardins particuliers représente 10% des pesticides utilisés. Or ces produits se retrouvent aujourd’hui dans l’eau de boisson, l’eau de pluie, les eaux souterraines et même l’eau embouteillée.

 

Comment maîtriser les mauvaises herbes sans herbicides ?

 

Quel jardinier n’a rêvé un jour ou l’autre d’une terre où les mauvaises herbes ne pousseraient plus ? Pourtant leur développement est un signe de fertilité : seuls les sols stériles n’hébergent aucune herbe spontanée ! Le stock de graines dans le sol est quasi inépuisable. Si la place leur est laissée, les herbes adventices envahissent progressivement le terrain. Pour les en empêcher, le jardinier bio redécouvre et invente des alternatives aux herbicides.

 

  • Il favorise l’occupation du terrain par les cultures à croissance maîtrisée : semis d’engrais verts entre deux cultures, association de cultures à croissance lente et rapide (salades entre les choux, semis de radis et carottes en mélange).

 

  • Il couvre le sol avec des paillages perméables contre les plantes indésirables et pour éviter le ruissellement rapide de l’eau. : paille, tonte de gazon, feuilles mortes... En cas d’envahissement par des adventices particulièrement gênants (liseron, chardon, chiendent…), la pose d’une moquette, d’un vieux tapis, d’un plastique noir ou de carton pendant quelques mois apporte une solution efficace et écologique.

 

  • Il tolère certains adventices. La flore spontanée fournit des indications sur l’évolution et la qualité du sol. Certaines "mauvaises herbes" sont en réalité des auxiliaires : le mouron rouge ou la petite véronique couvrent le sol au printemps et disparaissent rapidement dès que l’été s’avance. Ainsi, elles font concurrence à d’autres adventices plus résistants, sans gêner les cultures. D’autres sont comestibles : pourpier, chénopode Bon-Henri…

 

  • Il élimine les plantes avant leur montée à graines par des binages réguliers et un sarclage précoce, lorsque les herbes sont encore faiblement enracinées. En intervenant le matin, les herbes arrachées se dessèchent au soleil dans la journée.

 

  • Il apprend à connaître les adventices (mode de propagation par graines ou rhizomes, plantes annuelles ou vivaces) pour mieux intervenir dans leur contrôle.

 

  • Il travaille le sol avec un outil qui soulève les racines sans les couper :grelinette par exemple. À éviter : l’usage d’une fraise ou autre outil rotatif.

 

  • Il pratique le "faux semis" : cette technique consiste à préparer le sol comme avant un semis. Les graines du sol germent spontanément. Elles sont détruites par un binage au bout de quelques jours puis on met en place le "vrai" semis. Grâce à une levée rapide, la place laissée aux adventices est limitée et la concurrence joue en faveur des cultures.

 

  • Il peut avoir recours au désherbage thermique : pratique sur les allées et bordures, il est déconseillé contre les graminées (le chiendent entre autres). Notons par ailleurs qu’il est consommateur de gaz, une ressource non renouvelable.

 

En conclusion, ne cherchez pas de désherbants bio ! Utilisez plutôt ces nombreuses approches écologiques et complémentaires.

Antoine Bosse-Platière (terrevivante.org)

 

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