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9 juin 2019 7 09 /06 /juin /2019 10:11

 

A défaut d'une cérémonie au Monument aux Morts, je rappelle ici la mémoire de deux jeunes morts en Indochine et enterrés à Pagny : Pierre ROUSSEL et Claude HARTEL  

 

 

 

P1040831 webPierre Paul Aimé Roussel était né le 22 avril 1928 à Saint Max(54). Il a habité Pagny avec ses parents. Recruté à Nancy, il a été tué au combat le 11 octobre 1952 à Ban Nam Lo, canton de Tuinh Nhai, province Chan (Tonkin). Il était caporal au 2è bataillon thaï et avait un peu plus de 24 ans.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

P1040830-web.jpgClaude Marie Hartel était né le 29 septembre 1926 à Blainville sur l'Eau (54). Il a été tué par balle le 5 mars 1948 à Song Buc, province de Yen Bay (Indochine). Il était sergent au 1er bataillon thaï et n'avait pas encore 22 ans.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici le message de Kader ARIF, ministre délégué auprès du Ministre de la Défense, chargé des Anciens Combattants (2012).

 

L'Etat rend hommage, chaque 8 juin, aux « morts pour la France » en Indochine et, par delà, à tous les combattants de cette guerre.

 

Cette journée nationale, décidée il y a seulement sept ans, a été choisie à une date particulièrement symbolique puisqu'elle rappelle le jour du 8 juin 1980 où, par son inhumation solennelle dans la nécropole nationale de Notre-Dame de Lorette, le soldat inconnu d'Indochine rejoignait dans la mémoire nationale ses frères d'armes des précédents conflits.

 

Cette inhumation tardive témoigne de la lenteur avec laquelle le souvenir des combattants d'Indochine est parvenu à occuper la place qui lui revient. Car la mémoire est sélective, partielle et partiale. Heureusement, elle évolue.

 

La mémoire de ces hommes et de ces femmes, acteurs d'une guerre lointaine, aussi bien sur une mappemonde que dans les esprits, a longtemps été submergée par le courant de l'histoire qui entraînait avec lui les événements, leur interprétation, les petits et les hauts faits d'armes.

 

A l'image de cette terre d'Indochine où les pluies de mousson balaient tout sur leur passage, il faut attendre que le sol soit redevenu sec pour que le paysage puisse à nouveau être observé.

 

Désormais, le temps a fait son œuvre. La guerre d'Indochine est devenue un sujet de débat pour historiens. La mémoire des combattants ressurgit, quant à elle, peu à peu et se transmet maintenant aux jeunes générations, notamment lors de commémorations comme celle d'aujourd'hui.

 

C'est la mémoire des résistants aux forces japonaises pendant la Seconde Guerre mondiale, celle des victimes du coup de force du 9 mars 1945, des torturés dans les geôles de la Kampetaï.

 

C'est la mémoire de ces soldats que la France a engagé derrière ses meilleurs chefs, entre 1946 et 1954, dans un conflit aux contours incertains. Une guerre âpre, usante, ponctuée d'actions d'éclats et d'épreuves terribles, au milieu d'une nature aussi envoûtante que redoutable.

 

Et, partout, l'adversaire, imprévisible et très mobile, dans un combat où, comme l'écrivait Jean Lartéguy, "L'homme luttait contre l'homme avec à peu près les mêmes armes ; le courage et l'endurance l'emportaient seuls."

 

Par delà les mots, il faut voir des hommes et des femmes qui se sont battus, ont affronté tant de souffrances, dans l'indifférence de l'opinion publique quand ce n'est pas sa réprobation. Il leur fallait un sens du devoir exceptionnel pour avancer malgré tout, et non seulement servir dans l'obéissance, mais aller jusqu'au sacrifice.

 

Cette épopée tragique, un homme avait su la faire partager au grand public : Pierre Schoendoerffer, décédé cette année, cet ancien reporter de guerre, amoureux de l'Indochine, dont l'œuvre a été constamment nourrie de son séjour en Extrême-Orient de 1952 à 1954.

 

Aujourd'hui, la Nation rappelle son chagrin d'avoir perdu, avec ses morts, parmi les meilleurs de ses soldats, et témoigne sa reconnaissance envers les survivants. Ces combattants d'Indochine ont valeur d'exemple pour nos soldats français engagés actuellement dans des actions de feu et de pacification, car ils ont montré le chemin du courage et de la fierté, même quand tout suggérait le renoncement et l'abandon.

 

 

PAROLE DU PRÉSIDENT GÉNÉRAL

 

Indochine : Les oubliés du bout du monde

Le contre-amiral Romé a donné à son journal d’un marin d’Indochine (1939-1946) le titre de « Oubliés du bout du monde ». Ce titre ne vaut-il pas aujourd’hui pour la totalité de la période indochinoise de la France (1856-1954) ? Une histoire oubliée, une mémoire disparue ?

Alors que le Cambodge et le Vietnam connaissent un formidable développement économique, alors qu’ils s’ouvrent au tourisme de masse, le temps de la France s'efface. Dans les villes, les constructions dites coloniales - cette dénomination qui traduit une mauvaise conscience - cèdent la place à des immeubles nouveaux et imposants. Dans les musées, à Phnom Penh, à Saigon, à Hanoï, la place de l’histoire de l’Indochine française est réduite à la portion congrue et n’est présentée que sous sa seule face sombre. Dans l’espace public, seuls les monuments à la gloire des combattants de l’indépendance s’imposent. A Dien Bien Phu, la stèle française construite par un ancien légionnaire est le seul lieu qui fait vivre l’autre face de l’histoire.

Le sort de la mémoire de l’Indochine française n'est guère meilleur en France. Elle a disparu des manuels scolaires qui privilégient la guerre d’Algérie comme exemple des guerres de décolonisation.

Ainsi qu’aurait pu l’écrire Kipling : le temps de l’Indochine française est devenu un fardeau pour la mémoire nationale.

Les combattants des guerres d’Indochine, ceux qui combattaient contre les Japonais en 1940 et en 1945, comme ceux qui combattaient contre le Vietminh de 1945 à 1954 n’auraient-ils désormais comme futur que d’être « les oubliés du bout du monde » ?

La cérémonie du 8 juin aux Invalides présidée par le Premier ministre est une réponse qui va dans le bon sens mais si nous ne voulons pas que les combattants des guerres d’Indochine soient des oubliés de notre Histoire, une véritable politique mémorielle comprenant une composante éducative doit être mise en œuvre.

Serge BARCELLINI
Contrôleur Général des Armées (2s)
Président Général de l'association "Le Souvenir Français"

Contact :

communication@souvenir-francais.fr 

 

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