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Le blog de l'ex-maire de Pagny sur Meuse

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Pagny sur Meuse : son passé au travers de diverses archives, d'anciens journaux. La petite histoire. Des anecdotes. Des souvenirs des uns et des autres. Un peu d'actualités. Le tout en fonction du temps disponible, de l'humeur et de ce qui peut être écrit.


Indochine : les oubliés du bout du monde

Publié par Pagliari Armand sur 9 Juin 2019, 10:12am

Catégories : #Histoire

 

Lettre n° 40 du Souvenir Français. Pour faire suite à l'article des deux pagnotins, morts en Indochine.

 

Le contre-amiral Romé a donné à son journal d’un marin d’Indochine (1939-1946) le titre de « Oubliés du bout du monde ». Ce titre ne vaut-il pas aujourd’hui pour la totalité de la période indochinoise de la France (1856-1954) ? Une histoire oubliée, une mémoire disparue ?

 

Alors que le Cambodge et le Vietnam connaissent un formidable développement économique, alors qu’ils s’ouvrent au tourisme de masse, le temps de la France s'efface. Dans les villes, les constructions dites coloniales - cette dénomination qui traduit une mauvaise conscience - cèdent la place à des immeubles nouveaux et imposants. Dans les musées, à Phnom Penh, à Saigon, à Hanoï, la place de l’histoire de l’Indochine française est réduite à la portion congrue et n’est présentée que sous sa seule face sombre. Dans l’espace public, seuls les monuments à la gloire des combattants de l’indépendance s’imposent. A Dien Bien Phu, la stèle française construite par un ancien légionnaire est le seul lieu qui fait vivre l’autre face de l’histoire.

 

Le sort de la mémoire de l’Indochine française n'est guère meilleur en France. Elle a disparu des manuels scolaires qui privilégient la guerre d’Algérie comme exemple des guerres de décolonisation.

 

Ainsi qu’aurait pu l’écrire Kipling : le temps de l’Indochine française est devenu un fardeau pour la mémoire nationale.

 

Les combattants des guerres d’Indochine, ceux qui combattaient contre les Japonais en 1940 et en 1945, comme ceux qui combattaient contre le Vietminh de 1945 à 1954 n’auraient-ils désormais comme futur que d’être « les oubliés du bout du monde » ?

 

La cérémonie du 8 juin aux Invalides présidée par le Premier ministre est une réponse qui va dans le bon sens mais si nous ne voulons pas que les combattants des guerres d’Indochine soient des oubliés de notre Histoire, une véritable politique mémorielle comprenant une composante éducative doit être mise en œuvre.

 

Serge BARCELLINI
Contrôleur Général des Armées (2s)
Président Général de l'association "Le Souvenir Français"

 

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