Le bistrot avait eu l’idée d’une manifestation qui se voulait sympathique pour marquer vendredi soir le jour de la Fête de la Musique. En partant de la mairie, vers 21h, cela paraissait être le cas. Des jeunes du village s’étaient regroupés et discutaient à l’extérieur dans une atmosphère bon enfant.
Le lendemain matin, ce n’était plus la même musique. Une vasque avait été renversée près du l’entrée du cimetière. Avec l’aide d’un riverain, je l’ai redressée en y remettant les fleurs et la terre. Et puis je suis allé de découvertes en découvertes. Les jardinières du pont avaient subi quelques « prélèvements » avec des plantes jetées au canal et la tentative avortée de jeter au moins l’une d’elles au canal. Un poteau de signalisation avait été plié sur le Mont, une propriété traversée pour rejoindre l’avenue De Gaulle où l’on me signalait qu’au moins deux riverains avaient eu leurs jardinières renversées. Sur le port, un poteau et son drapeau avaient été jeté bas. Plusieurs verres ont été dérobés au bistrot et retrouvés cassés dans la rue qui longe la mairie et le parc.
Fin mot de l’histoire, des « renforts » étaient venus des villages voisins où la fête avait été stoppée pour dérapage, mais cela ne dédouane pas quelques-uns de nos jeunes. Les alcools forts avaient été bus en quantité et très rapidement pour se retrouver en état d’ivresse avancée. Certains étaient venus avec leurs propres « munitions ». Quelques débuts de bagarre calmés par le cafetier qui ne s’est pas montré « cool» avec les fumeurs d’herbe. Le tout s’est soldé par un arrêt prématuré de la soirée.
On peut s’amuser sans dégrader et sans se mettre dans des états où la conscience de ses actes se trouve fortement altérée. Tout cela est dommageable pour les animations à venir. Faut-il ne plus rien organiser ou interdire à cause de l’inconduite de quelques-uns ?
Certains diront que ces dégradations, ce n'est pas grand chose, qu'on a tous fait des bêtises quand on était jeune. Sans doute, mais les faits divers montrent aussi que les limites du tolérable sont rapidement franchies et bizarrement l'opinion change lorsqu'on devient victime et plus simple spectateur.