Un Edito de Nathalie Chalard, tiré du Journal des Communes de juillet-août 2018.
Tandis que le gouvernement présentait son « Engagement en faveur des habitants des quartiers », une quarantaine de propositions plus ou moins concrètes, les campagnes grondaient et continuent de le faire. La ruralité reléguée avec ses habitants qui se sentent de plus en plus délaissés par « le Président des villes» trépigne.
Un récent sondage Ifop pour le groupe Union centriste au Sénat, réalisé auprès d'un échantillon représentatif de 1 003 personnes (www.ifop.com) vient d'ailleurs renforcer les revendications d'élus ruraux.
Selon cette enquête, les Français établissent une hiérarchie claire des territoires qui ont le plus besoin de l'attention et du soutien des pouvoirs publics en France en 2018 : la France des campagnes (62 % des citations) et des villes moyennes de province (48 % des citations) sont désignés comme les territoires prioritaires. La France des banlieues n'arrive qu'en troisième position avec 40 % des citations. La France périurbaine ne semble pas susciter d'inquiétudes pour l'ensemble des Français (12 % des citations).
Pour les Français interrogés, la notion de «défense des territoires», c'est tout d'abord le maintien de services de proximité (72 % des citations) et le soutien au développement économique (58 % des citations).
Les attentes de nos compatriotes en matière de « protection des territoires » se concentrent donc sur des besoins basiques : avoir accès à un médecin, à une école, aux commerces et avoir un emploi à proximité de son lieu de vie. Les dimensions identitaires et l'exigence d'infrastructures d'envergure nationale (TGV par exemple) ne recueillant que 39 % et 15 % des citations.
Le gouvernement pris entre deux feux, celui des villes et des campagnes, mijotera-t-il quelques mesures pour les territoires ruraux ? Le 18 juillet, à l'Assemblée Nationale, en commission « Développement durable », Michel Fournier, vice président de l'Association des Maires Ruraux, plaidait pour que l'on repense le lien contractuel entre métropoles et ruralité. Le débat est donc loin d'être clos.
Nathalie Chalard