Outre l'anecdote savoureuse, il est à noter qu'en février 1882, la commune disposait de trois gardes champêtres d'après l'article. Erreur ou réalité ?
Publié le 28 février 1882
Les 6, 7 et 8 février, la population à peu près entière de Pagny-sur-Meuse, se réunissait en groupes à l’effet d’offrir son cadeau de noce à un veuf qui devait, sous peu de jours, se marier à une demoiselle beaucoup plus jeune que lui.
On avait pris toutes sortes d’instruments plus ou moins bruyants, tels que des colliers de sonnailles qu’on agitait violemment, des faulx, des chaudrons, des tourtières, des corps de fourneaux, des taques à four, etc., sur lesquels on frappait avec des marteaux ou des bâtons. On criait, on chantait toutes sortes de chansons pendant tout ce tapage.
Le maire et les trois gardes champêtres de la commune n’ayant pu rétablir l’ordre, on prévint la gendarmerie de Void, qui se transporta le lendemain à Pagny pour disperser les perturbateurs, mais ils s’empressèrent de se diriger dans les quartiers opposés à celui où se trouvait la police,
Cette scène se renouvela encore une troisième fois avec la même ardeur et des sons encore plus discordants qu’auparavant.
Six des auteurs de ce tocsin, comme on l’appelle dans les villages où cet usage subsiste, furent traduits en police correctionnelle pour outrages à des agents et bruits ou tapages nocturnes, et le tribunal de Saint-Mihiel les condamna le 24 février à des amendes variant de 11 à 50 francs afin d’apprendre à la population de Pagny qu’on doit laisser aux veufs la liberté de se remarier à leur gré.