Il s'agit d'une délibération du conseil municipal de la commune de Pagny-sur-Meuse, daté du 18 janvier 1827. Ce document officiel enregistre la décision du conseil d'allouer une somme de 100 francs sur les fonds communaux pour payer une "jeune novice" (assistante) afin d'aider l'institutrice principale, Sœur Justine (Tissopin), pendant les cinq mois d'hiver.
Ce document est très révélateur du contexte historique de l'éducation rurale en France au début du XIXe siècle. À cette époque, l'enseignement primaire était souvent confié à des congrégations religieuses (ici, les Sœurs d'École de Nancy). Il montre également que la fréquentation scolaire augmentait considérablement en hiver, lorsque les enfants n'étaient pas requis pour les travaux des champs, surchargeant ainsi les classes. Enfin, il illustre le fonctionnement administratif local, nécessitant l'approbation du Sous-Préfet pour les dépenses extraordinaires.
Transcription intégrale
le quinze janvier 1827
Cejourd'hui dix-huit janvier dix-huit cent vingt-sept
Le Conseil municipal de la Commune de Pagney Sur Meuse, réuni en assemblée extraordinaire au lieu ordinaire des Séances, en vertu de l'autorisation de Mr le Sous-Préfet en date du 10 janvier dernier, transcrite en marge d'une demande faite par Mr le maire de cette Commune datée du 1er janvier 1827, tendant à faire part à Mr le Sous-Préfet d'une lettre que Mr le Directeur des Sœurs d'École à Nancy, lui a écrite aux fins de lui communiquer que Sœur Justine Institutrice au dit lieu demandait une aide pour le temps d'hiver ou la grande quantité d'enfants qu'ils lui sont confiés, et pour en proposer la nécessité au Conseil municipal, seulement pour cinq mois d'hiver, et que Sœur Justine ne pouvait se la procurer à ses frais avec son traitement de 300 fr, qu'il faut que la Commune vienne à son secours pour cette dépense, que pour avoir une novice pendant cinq mois il faut 75 fr.
Ouï les représentations de Mr le Maire.
Vu les dispositions de la lettre de Mr Chaput Directeur, et celles Stipulées dans laditte demande de Mr le Maire, et celles de la Sœur Justine.
Le Conseil qui entre dans la nécessité de toutes les dispositions dont il s'agit notamment pour seconder la chose la plus importante que l'éducation de la jeunesse a délibéré que la Jeune Novice déjà en exercice serait salariée suivant l'aveu de Mr Chaput pour cinq mois qu'il lui sera accordée sur les fonds de la Caisse de Service d'après son temps prescrit sur simple mandat de Mr le Maire une Somme de Cent . . . . . . . . . francs si l'autorité supérieure le juge à propos.
Fait et délibéré en Séance Municipale les an, mois, et jour susdits et ont les membres présents Signé.
[Signatures:] Etienne, Thouvignon, Mathelin, Raison, Lefèvre, Bastien, Remy, Benoit Lagravière, C. Bonnaire ( ?)