Il s'agit d'une sœur de la Doctrine Chrétienne, institutrice à Pagny, à qui le conseil municipal vote une rente de 60 fr en 1825 en reconnaissance des services qu'elle a rendu à cette commune depuis près de 60 ans en instruisant la jeunesse et dans la l'impossibilité de pouvoir se sustenter avec le peu de ressources qu'elle jouit, mais que le conseil municipal de 1830 lui supprime en 1830 n'ayant pas eu à cette époque connaissance des moyens d'existence de la dite Sœur Marguerite et de son inhumanité pour les pauvres.
Session du 9 mai 1825 : la reconnaissance du conseil municipal
Le Conseil ayant observé que vu que la Soeure Marguerite ne peut plus exercer les fonctions d'Institutrice, attendu qu'elle est remplacée par une autre jeune Soeure depuis la Toussaint; qu'en reconnaissance des Services qu'elle a rendu à cette Commune depuis près de 60 ans en instruisant la jeunesse, et que malgré sa grande économie, elle se trouve dans la l'impossibilité de pouvoir se sustenter avec le peu de ressources qu'elle jouit.
Qu'en conséquence le Conseil a voté une Somme de 60 f. annuelle et viagère en sa faveur pour reconnaissance de ces Services, afin de la rendre plus à même de se sustenter pendant le reste des jours qu'elle peut avoir à vivre.
Que ces fonds seront pris sur la Caisse municipale sur mandat du Maire.
Le Conseil supplie M. le Préfet de vouloir bien autoriser les dispositions de la présente délibération, et ordonner que laditte Soeure Marguerite percevra annuellement pendant sa vie sur la Caisse Municipale, la Somme de 60 f. qui pourra faire partie d'une allocation au budget annuelle.
Session du 1er mai 1830 : la colère du conseil municipal
Monsieur le Maire lui ayant fait connaître l'état et la situation aisée de ci-devant Sœur Marguerite à laquelle il avait été accordé sur le Budget de ladite Commune, une somme de soixante francs, à titre de reconnaissance des services qu'elle avait rendu en secondant sa Tante (Thérèse Attenot décédée en 1824) laquelle était Sœur de la Doctrine Chrétienne et Institutrice dans ladite Commune.
Monsieur le Supérieur (Chaput), vu ses faibles talens, l'a jugé incapable de pouvoir instruire les jeunes élèves confiées à ses soins et l'a fait remplacer par une autre Sœur.
Le Conseil Municipal n'ayant pas à cet époque connaissance des moyens d'existence de la dite Sœur Marguerite, lui accorda comme il est dit ci-dessus une somme de soixante francs, sous la condition que sachant saigner elle rendrait ce petit service aux Malades Indigents qui auraient le Malheur d'en avoir besoin, et ce gratuitement, mais loin de là, elle a exigé huit sols de rétribution d'un malade qui été (était) à la charité de la Commune, ce qui prouve son Hinumanité (Inhumanité) pour les pauvres. En conséquence vu ses moyens aisés d'existence attendu qu'elle peut vivre avec la pension qu'il lui est accordée comme Sœur Retraitée et avec les biens fonds et les autres rentes qu'elle touche des différents particuliers auxquels elle a prêté des sommes d'argent.
A voté Unanimement que Sœur Marguerite cesserait dorénavant à recevoir cette somme de la Commune comme étant de la plus grande justice, et supplie Monsieur le Préfet de Vouloir bien obtempérer à son vœu.
A noter que dans les recensements de 1836 et 1841, elle n'habite pas avec les autres sœurs comme c'est la coutume, ce qui corrobore le fait qu'elle avait des "moyens aisés d'existence".
Et que les conseils municipaux de différentes époques étaient très heureux et satisfaits d'avoir des sœurs dans la commune.