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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 15:40

 

 

Dimanche 6 octobre 2019

 

Les discours du jour

 

En principe, les discours devaient être prononcés devant le Monument, après la Marseillaise et le salut aux porte-drapeaux, dans l’ordre protocolaire, André Jannot, notre conseiller départemental puis par M. Verline, sous-préfet à Commercy. Le temps étant incertain, le défilé s’est mis en branle, avec la musique des sapeurs-pompiers de Meuse, suivie par nos sapeurs-pompiers, les porte-drapeaux, les officiels et la population.

 

Arrivés au préau du stade scolaire, juste avant la pluie, les enfants ont lâché les ballons bleus, blancs et rouges, puis les discours ont été prononcés et applaudis.

 

 

Discours de M. André Jannot, conseiller départemental et vice-président.

 

Cérémonie du centenaire du Monument aux Morts de Pagny sur Meuse le 6 octobre 2019

 

" Parce qu'un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir" : cette citation est du Maréchal Foch. Elle me semble résumer parfaitement notre présence de ce matin pour la célébration des 100 ans du Monument aux Morts de Pagny sur Meuse.

 

La guerre de 14-18 venait alors de marquer la fin d'un monde. Le monstrueux carnage de cette guerre avec ses 1 million 400 000 français de tués est présent dans chaque ville, chaque village, parce qu'il n'y a pas de communes en France où il n'y a pas eu de victimes de la première guerre mondiale.

 

Très rapidement après la guerre, les familles endeuillées, parfois sans sépultures pour leurs morts, ont encouragé les communes à ériger ces monuments aux Morts pour la France. Aujourd'hui, dans la quasi-totalité des communes de France, ils sont un lieu de commémoration républicaine où l'on se rassemble pour honorer nos morts, évoquer l'histoire et réaliser ensemble l'indispensable devoir de mémoire.

 

La plupart des monuments aux Morts de 14-18 célèbrent la gloire des soldats " Morts pour la France ". Après les enfants des communes morts pendant la première guerre mondiale, on rajoutera malheureusement ceux de la deuxième guerre, puis ceux des guerres décolonisatrices et enfin très récemment ceux des morts des opérations extérieures.

 

Parce que nous partageons une identité collective, parce que nous portons une mémoire commune, parce que notre Histoire est notre patrimoine commun, nous formons une Nation, une et indivisible. Le souvenir de notre passé vit pleinement dans chacune de nos villes et de nos villages. Nous le ressentons avec davantage de force devant nos Monuments aux Morts.

 

Ils sont un pan de notre mémoire. Ils sont les témoins des sacrifices passés. Ils sont des lieux de rassemblement. Ils sont les lieux ineffaçables de la reconnaissance nationale.

 

La cérémonie de ce matin est à la fois un moment de recueillement et un temps de partage autour du devoir de mémoire. Car les monuments aux Morts destinés à honorer ceux qui ont perdu la vie sur les champs de bataille en défendant notre pays sont désormais le symbole de toute commémoration.

 

Commémorer, c'est surtout saisir la force des générations qui nous ont précédés afin de faire leçon de vie pour les suivantes. Commémorer c'est aussi souligner le courage des anonymes, rappeler que notre pays a traversé des épreuves terrifiantes et qu'il a toujours su s'en relever.

 

Ces moments de recueillement nous permettent également de savoir d'où l'on vient, ce qui nous unit et nous rassemble au sein de notre Nation, en nous soutenant ensemble pour être plus fort ensemble.

 

Je voudrais à cet instant m'adresser aux plus jeunes pour leur dire que ce sont eux qui, désormais, devront faire perdurer cette mémoire des Morts pour la France et qu'ils devront veiller aux valeurs de notre Pays, car la Mémoire ne divise jamais, elle rassemble.

 

Mesdames et Messieurs, chers Amis, nous le démontrons ce matin, la mémoire est un sujet du 21ème siècle. Elle n'est pas un sujet réservé aux historiens, elle est d'une actualité permanente.

 

Nous en sommes tous les héritiers.

 

Elle n'est pas un devoir, elle est une responsabilité. Elle est un véritable travail de transmission et d'explication.

 

Ce travail de mémoire passe par des cérémonies comme celle de ce matin. Il passe par l'enseignement et bien évidemment par l'action des collectivités et des associations d'anciens combattants.

 

C'est pourquoi l'initiative qui a été la vôtre, Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Adjoints et Conseillers, Municipaux, en organisant la cérémonie de ce matin, s'inscrit dans ce travail de mémoire, vous honore et mérite d’être saluée.

 

 

Discours de M. Verline, sous-préfet à Commercy

Cérémonie à Pagny-sur-Meuse

Au Monument aux Morts de Pagny-sur-Meuse

le dimanche 6 octobre 2019

 

Monsieur le Maire

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs les Présidents des associations,

Mesdames et Messieurs Les portes drapeaux,

Mesdames, Messieurs

 

Nous sommes réunis aujourd'hui pour célébrer jour pour jour le centenaire du Monument aux morts de Pagny-sur-Meuse, inauguré le 6 octobre 1919, érigé en commémoration des soldats tués au combat, disparus ou décédés des suites de la guerre.

 

Après la première bataille, le souhait de votre commune était de ne pas oublier les soldats qui se sont sacrifiés pour notre liberté afin d'espérer un avenir rempli d'espoir et de paix. Dès lors, ce monument a fait partie des premières constructions de monuments aux morts qui pétrifie dans de nombreuses communes la marque des blessures profondes qu’ont laissé les guerres.

 

En ce jour particulier, je souhaiterais rappeler la mémoire du maire à l'origine de cet édifice : M. CAUSSIN.

Dès la fin de la guerre, il a mis tout en œuvre pour la construction de ce monument, il a fait appel à la société Granit d'Abbainville et s'est attaché à l'utilisation de matériaux nobles y compris dans les moindres détails ( modèle à colonne brisée en feuille morte de Grand Rupt ou du Ballon d'Alsace, chaînes en bronze, palme et croix de Malte (*) gravés avec fond bronzé).

 

Cette année est toute particulière puisqu'un siècle exactement nous sépare de ces évènements. Mais il ne faut pas voir cela comme une page qui se tourne, comme un passé qui s'éloigne. Ce souvenir doit rester vivant et il nous revient de maintenir cette flamme du souvenir en étant les passeurs de mémoire.

 

Entretenir le souvenir est d'autant plus important aujourd'hui qu'il n'existe plus de témoins ni d'acteurs directs de ce conflit.

 

Votre présence, aux côtés des associations mémorielles du territoire nous assure la préservation de cette mémoire.

 

Notre assemblée de ce matin, qui réunit différentes générations, rend hommage aux combattants qui se sont sacrifiés pour notre pays et nos territoires.

 

En ces temps où l'action, voire la réaction, sont les maître-mot de nos sociétés, souvenons-nous que le chemin de la paix a été long et sinueux. On a longtemps pensé que cette guerre serait la « Der des der », mais l'Europe dut subir l'horreur absolue d'un second conflit mondial.

 

Prendre le temps est nécessaire, et redoubler d'effort indispensable pour préserver la paix et étouffer tous les ferments de division : l'indifférence, l'intolérance, le racisme, l'individualisme, le repli sur soi.

 

En ces temps où les populations peuvent être confrontées à des difficultés économiques et sociales, où beaucoup de nos concitoyens sont en perte de repère, il nous faut plus que jamais travailler à l'union des peuples et des individus pour construire un espace de Paix, de prospérité, et de solidarité qui a tant manqué à nos aînés.

 

Rappelons aux jeunes générations que la paix est la seule voie possible pour préserver et faire vivre les valeurs républicaines et démocratiques qui sont au cœur de notre idéal européen.

 

Je tiens à féliciter, vous, M le Maire et votre municipalité pour l'organisation de ce bel événement, je ne doute pas de l'intense préparation que cela a dû nécessiter et je suis fier d'être parmi vous aujourd'hui pour célébrer ce centenaire en mémoire de soldats disparus, nos fidèles compatriotes.

 

Je terminerai par une citation de Victor Hugo :

" Entre la logique de la révolution et sa philosophie il y a cette différence que sa logique peut conclure à la guerre, tandis que sa philosophie ne peut aboutir qu'à la paix. "

 

Vive Pagny sur Meuse

Vive la République

Vive la France

 

 

(*) La croix de Malte est mentionnée dans les premières correspondances avec « Le Granit » d’Abbainville, mais c’est bien la croix de Lorraine qui sera demandée et qui figurera au Monument.

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